« Les faiseurs de morts sont considérés comme une menace pour la cohésion du groupe »

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Interview. Franck Garain, chercheur en histoire sociale

Propos recueillis par Annick FABRICE
[email protected]s.fr

Franck GARAIN • DR

« Il n’y a vraiment rien de nouveau sous le soleil, ici ou ailleurs », affirme Franck Garain à propos des violences (routières et autres) dont souffre la Guadeloupe. Selon lui, c’est le regard posé par la société qui a changé. « Nous vivons dans une société fortement occidentalisée où la tendance est au prolongement de la vie. »

Ces dernières semaines et particulièrement
pendant ce week-end de Noël, le nombre de morts sur la route et
d’actes de violence ayant entraîné des décès ont sensiblement
augmenté. Peut-on conclure que notre société plus qu’ailleurs a
appris à faire corps avec la mort ?

Je ne sais pas, au regard de l’histoire récente si
on peut parler véritablement d’augmentation du nombre de morts sur
la route. Les chiffres de l’accidentalité nous révèlent en
Guadeloupe qu’au 11 décembre 2022, il y avait 46 tués. On est loin
des 89 victimes mortelles de 1982, des 93 de 1977…ou des 97 de
1979. J’entends par là que c’est le regard posé par la société sur
la violence routière et sur d’autres violences qui a changé.

Nous vivons dans une société fortement
occidentalisée où la tendance par imprégnation ou inculcation est à
la protection et au prolongement de la vie, soit le recul de la
mort ; dès lors, tout ce qui peut constituer une atteinte à
l’individu, à son intégrité est fortement combattu, réprimé. Vu la
vitesse à laquelle circulent les informations, ajoutée au caractère
efficient des statistiques, les phénomènes que l’on peut apparenter
à une autodestruction de l’humain prennent une ampleur
considérable. C’est donc dans la société que rode le coupable,
dirait Ilitch. Il convient de l’identifier. Les faiseurs de morts
sont considérés comme une menace pour la cohésion du groupe, au
point d’oublier qu’il n’y a vraiment rien de nouveau sous le
soleil, ici ou ailleurs. 

Pourquoi a-t-on autant de mal à appliquer les
règles du code de la route, par exemple ?

Dans les années 60, en Guadeloupe, au moment où
l’automobile commence à pénétrer véritablement l’espace public, et
que le développement du réseau routier devient une évidence, il y a
de véritables campagnes mises en place par la Prévention routière,
dans la presse locale….

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